Mieux choisir entre 32 Go et 64 Go selon vos besoins

Pixel 4 et iPhone 11 arrivent avec 64 Go de stockage, sans la moindre fente pour une carte microSD. En 2019, alors que la plupart des smartphones haut de gamme affichent des tarifs corsés, la question du stockage fait-elle encore sens ?

On se souvient de l’époque où l’iPhone, version de base, proposait à peine 16 Go de mémoire interne. Installer le système, quelques applications, et voilà déjà l’espace saturé. Pendant ce temps, des smartphones Android affichaient deux, voire trois fois plus de stockage, avec souvent la possibilité d’insérer une carte microSD pour s’offrir un peu d’air. Mais malgré tout, certains fabricants persistent à faire l’impasse sur l’extension de mémoire : OnePlus, Google Pixel, Apple… Certes, il existe maintenant des appareils à 64 ou 128 Go. Mais est-ce vraiment suffisant ?

De 46 à 30 Go d’occasion

Depuis 2017, je vis chaque jour avec un iPhone X de 64 Go. Au moment de l’achat, un vrai choix cornélien s’imposait : rester raisonnable avec 64 Go ou s’offrir la version 256 Go, nettement plus chère ? Pas d’offre intermédiaire chez Apple. Leur stratégie est connue : pousser vers le haut de gamme, par crainte d’un manque de place. Pourtant, cette peur s’est révélée infondée. Quelques astuces ont suffi pour optimiser la mémoire : photos transférées dans le cloud, musique et séries en streaming. Avant un gros ménage, ma jauge de stockage affichait 46 Go utilisés sur 64. Les principales sources de saturation ? Les applications et les photos.

Pour les clichés, j’ai opté pour la méthode la plus simple : sauvegarde sur iCloud, Google Photos, serveur personnel ou NextCloud. Côté applications, c’était surtout des fichiers temporaires : vidéos Netflix téléchargées pour un trajet, podcasts stockés pour un voyage, aussitôt écoutés, aussitôt supprimés.

Google Photos

Pour gérer ses photos sans complication, Google Photos reste une option très pratique. L’appli est rapide à installer, la prise en main est immédiate et la synchronisation automatique évacue cette angoisse de devoir libérer la mémoire à chaque instant. Sur mon téléphone, les 64 Go ne m’ont jamais semblé insuffisants. On aime tous disposer de plus d’espace et pouvoir insérer une microSD, mais aujourd’hui, rares sont celles et ceux qui saturent la barre des 64 Go.

Les fabricants augmentent tout de même la capacité au fil du temps. Les habitudes évoluent aussi. Certains profils auront toujours besoin d’aller plus loin et ils trouveront chaussure à leur pied.

Le cas de la vidéo 4K

Reste un usage vraiment vorace : la vidéo 4K. Filmer en 4K à 60 images/seconde sur iPhone, c’est environ 400 Mo par minute, même avec du HEVC, pourtant un format efficace. Résultat, 64 Go permettent d’enregistrer à peine deux heures et demie de vidéo 4K avant de saturer. Cela semble juste. Mais combien de personnes filment vraiment aussi longuement, sans transfert intermédiaire ? Depuis que j’ai mon iPhone, jamais je n’ai connu ce souci. L’utilisateur standard n’enregistre pas non-stop en 4K. Ceux pour qui c’est indispensable se tourneront vers plus de mémoire ou des solutions de stockage alternatifs.

Cloud et streaming tiennent (enfin) leurs promesses

Parallèlement à la montée en puissance des capacités de mémoire, le stockage en ligne et le streaming sont entrés dans nos habitudes, jusqu’à transformer la gestion de nos smartphones. Il devient aisé de ne garder que le nécessaire. Libérer l’espace local en sauvegardant ses photos ou ses vidéos sur le cloud se fait d’un geste.

Pour la musique, les séries, tout passe par le streaming ou presque. Les plateformes comme Netflix ou Spotify permettent de retrouver ses listes de lecture et ses films sans grignoter le stockage. On s’éloigne à toute vitesse de l’époque où chaque MP3 ou chaque épisode engloutissait le moindre méga disponible.

La guerre du stockage appartient au passé

Autrefois, le montant de gigas décidait du choix du smartphone. Aujourd’hui, tous les modèles ou presque proposent au moins 64 Go, y compris à des tarifs contenus, le Redmi Note 8 Pro, par exemple, embarque cette capacité pour 250 euros. Oubliés, les blocages de mises à jour faute de place.

Le Pixel 4 a beaucoup fait parler, justement parce qu’en France, seule la version 64 Go est proposée, sans slot microSD. Difficile d’aller plus loin, même en payant plus cher. Ce qui agace avant tout, c’est le manque d’option. Voilà la vraie frustration, bien plus que la simple existence d’un modèle 64 Go.

Des configurations qui s’adaptent aux profils

L’expérience du stockage se vit différemment selon chacun. Lors d’un récent sondage, il est ressorti que plus de 63 % des utilisateurs souhaitent 128 Go ou plus. Une part non négligeable estime que 64 Go leur suffisent, quand d’autres se contentent de 32 Go.

Au fond, les besoins s’ajustent à l’usage, et le smartphone idéal ne se limite plus à la taille de sa mémoire. Chacun arbitre entre stockage en ligne, streaming et capacité locale, selon ses envies et ses priorités. La chasse aux giga-octets ne passionne plus les foules. L’avenir du smartphone se jouera ailleurs : sur l’expérience, bien plus que sur le nombre affiché sur l’étiquette.

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